Spa
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Etienne Arago (1802 - 1892)

 

Auteur de nombreuses pièces de théâtre (la plupart écrites en collaboration), « conspirateur » et homme politique républicain, Etienne Arago est né en 1802 à Estagel, dans les Pyrénées.

Le 24 février 1848, il s'autoproclame "directeur général des Postes de France" et met son prédécesseur à la porte. Le Gouvernement provisoire confirme sa nomination. Etienne Arago impose le premier timbre poste.

En décembre 1848, après l'élection de Louis Bonaparte à la présidence de la République, il démissionne.

Le 13 juin 1849, après la manifestation du Conservatoire des Arts et Métiers, il se cache pendant une quinzaine de jours en France, puis passe la frontière en compagnie de Ledru-Rollin. Les deux hommes s'installent à l'Hôtel de Suède le 5 juillet 1849. Le 10 juillet, ils s'embarquent tous deux à Ostende pour Londres.

Arago sera officiellement autorisé àrevenir en Belgique après le procès de Versailles (10 octobre - 13 novembre 1849) où il est condamné par contumace à la déportation.

Le 25 février 1850, il débarque à Anvers et est conduit sous escorte vers Bruxelles. Il loue un appartement rue Linné, n° 10.

En avril 1850, sur les conseils de Félix Delhasse, il vient à Spa où il passera près de sept mois, à l'Hôtel de Limbourg, rue Royale. Jules Janin l'y rencontrera : « J'ai trouvé ici à Spa, écrit Janin à sa femme, mon vieux camarade Etienne Arago, bien seul, bien exilé, bien triste et cependant très laborieux. Il m'a reçu à bras ouverts, et il m'a lu un poème sur la ville de Liège, et dans ce poème, il se rencontre de belles choses. Il m'a demandé, Dieu sait, de tes nouvelles. »

Arago écrit un très long poème en sept chants intitulé Spa et ses jeux. C'est un pamphlet contre les jeux de hasard, une réquisitoire pour leur suppression. Une première édition paraîtra en 1851 à Bruxelles; une seconde, en 1852, précédée d'une préface d'Alphonse Esquiros.

Lors du coup d'Etat bonapartiste du 2 décembre 1851, Arago rentre en France, jusqu'à Valenciennes, avec l'intention de combattre pour la République. Très vite, il doit renoncer àtout espoir et il revient à Bruxelles. En 1852, il sera l'animateur de la Commission d'assistance fraternelle des proscrits. Il est en contact avec Victor Hugo et très lié à Jules Hetzel et au colonel Charras.

En juin 1854, Etienne Arago est expulsé de Belgique suite à des articles qu'il a publiés dans La Nation sur les vainqueurs et les vaincus des guerres civiles. Il gagne Turin où il reprend ses travaux littéraires jusqu'à sa rentrée en France lors de l'amnistie de 1859.

Arago fait un deuxième séjour à Spa en 1862 où il revoit Jules Hetzel et Jules Janin.

1870 le ramène à la politique active : il est nommé maire de Paris le 4 septembre par le Gouvernement de la Défense nationale. Il se démet de ses fonctions deux mois plus tard, le 15 novembre. Son successeur est Jules Ferry.

En février 1871, Etienne Arago est élu représentant à l'Assemblée nationale pour les Pyrénées-Orientales par 18.700 voix, mais il juge que « sa vieillesse doit refuser cette tâche » et il démissionne aussitôt.

En 1879, il devient Conservateur du Musée du Luxembourg et il exerce cette fonction jusqu'à son décès qui survient le 6 mars 1892.

Le 24 mars 1892, Félix Delhasse écrit à Albin Body : « Avez-vous dans vos collections, sur Etienne Arago, quelques épisodes qui se rapporteraient au séjour qu'il a fait à Spa, relativement à sa vie, à son poème sur les Jeux ? Arago est arrivé à Spa en avril 1850, il en est parti en octobre suivant. Voilà 42 ans de cela! Mes souvenirs ontretenu, ont gardé les grands côtés des événements d'alors mais les petites lignes me manquent. Heureusement que les lettres d'Arago m'y aideront. »

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