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Le roman policier et Spa

Au XXe siècle, quelques-uns des plus célèbres auteurs de romans policiers font de Spa le lieu de l'une ou l'autre scène des aventures de leurs héros.

 

Fantômas

En octobre 1912, Pierre Souvestre et Marcel Allain y placent un épisode du Train perdu. Voilà l'abominable Fantômas, « l'empereur du crime » transporté dans la ville d'Eaux, aux abords du Casino de Spa, avec, comme toujours sur ses talons, le commissaire Juve et le journaliste Jérôme Fandor. Les descriptions spadoises montrent, à l'évidence, que les auteurs de ce roman n'ont jamais mis un orteil à Spa et qu'ils n'ont pas fait un gros effort de documentation. Voici par exemple le commissariat de Spa tel que l'imaginent MM. Souvestre et Allain : « Ce cabinet, au rez-de-chaussée d'une petite maison rustique, tranquille, était agréable à habiter. Les fenêtres étaient encadrées de verdure et la porte donnait de plain-pied sur une verte pelouse. Cette riante villa, cependant, n'était autre que le commissariat de police de la ville de Spa. Son chef y coulait des jours heureux, exempts de trouble, il y vivait une existence pacifique. » (1) Autre bévue révélatrice d'un manque d'information : un des héros, le baron Léopold (alias le prince-assassin Vladimir de Hesse-Weimar), quitte, à pied, le train du cirque Barzum, stationné en gare de Tirlemont, et marche jusqu'à Spa; parti, à dix heures et demie du soir, il arrive devant le Casino à une heure avancée de la nuit... Bigre, un fameux marcheur qui parcourt d'une traite plus de quatre-vingt-dix kilomètres !

 

Hercule Poirot

Quelques années plus tard, en 1927, Agatha Christie y domicilie « Achille » Poirot, le frère jumeau d'Hercule, dans « une petite maison isolée, située sur le flanc d'un coteau » —peut-être à Balmoral. Une ruse pour éviter que Les Quatre (c'est le titre de l'aventure) ne trucident Hercule Poirot.

 

HERCULE POIROT N’EST PAS NÉ À SPA

 

Contrairement à ce que d'aucuns affirment, Hercule Poirot n'est pas né à Spa.

En effet, dans Les Quatre d’Agatha Christie(Club des Masques, 1986) , Hercule Poirot affirme à Hastings (p. 200) qu’il a un frère jumeau :

“—Achille. Achille Poirot, précisa-t-il gravement. Il habite près de Spa, en Belgique.” Remarquons déjà que "habite" ne veut pas dire "est né".

Une cinquantaine de pages plus loin (p. 248), le lecteur apprend qu’Achille Poirot n’a jamais existé : c’était une invention du détective qui s’est fait passer pour mort aux yeux des Quatre et qui a feint de lancer dans l’aventure son “jumeau” pour rassurer et mieux abattre ses redoutables adversaires.

“Lorsque je repris connaissance, dit Hastings, l’homme assis près du lit se pencha sur moi.

C’était Achille Poirot… Achille ou Hercule ?

—C’est moi, mon bon vieux Hastings ! C’est moi ! mon frère Achille est déjà reparti… au pays du mythe, car il n’a jamais existé que dans mon imagination. […] Un peu de belladone dans les yeux, le sacrifice de mes moustaches. […] Ajoutez à cela votre propre certitude, car vous étiez persuadé qu’Achille Poirot existait —et c’était complet !”

C'est donc un sophisme de conclure : Achille habitait à Spa, or Hercule est son jumeau, donc Hercule est né à Spa.

Poussons le bouchon plus loin, désignons la maison —quelque part à Balmoral ou sur la Corniche— et apposons-y une plaque commémorative !

 

Maigret

En 1931, Georges Simenon, dans La Danseuse du Gai-Moulin, imagine que le beau-frère du Commissaire Delvigne est un commis des contributions à Spa, qui surveille incognito le bar du Gai-Moulin, situé à Liège rue du Pot-d'Or, pour le compte de la police.

 

Le commissaire Lantier

En 1962, Jean Falize y situe Les Morts ont des oreilles. Le commissaire Lantier, qui a ses bureaux rue Promenade de Quatre-Heures, va devoir élucider un double meurtre commis par des tueurs à gages à la demande d'une des victimes. [En savoir plus]

 

 

(1) Voir Le Train perdu dans le tome I de Fantômas, paru chez Robert Laffont dans la collection « Bouquins », republié en septembre 2005.

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