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Emile Zola n'est pas à Spa...

 

Le 13 janvier 1898, Zola publie J'accuse, lettre au Président de la République dans L'Aurore. Il sera poursuivi devant les Assises de la Seine. Le procès s'ouvre le 7 février; Zola est condamné pour diffamation à 1 an de prison et à 3000 francs d'amende.

Un arrêt de la Cour de Cassation casse ce jugement. Le 18 juillet 1898, à Versailles cette fois, une nouvelle Cour confirme la condamnation. Zola est, en outre, condamné à payer 30.000 francs de dommages et intérêts aux experts du procès Esterhazy.

Zola s'exile volontairement de France.

Où est-il passé ? La Sûreté publique belge le croit à Spa... Le commissaire de police spadois, Nemry, répond aussitôt, en soulignant la mention urgent. « Au Directeur général Sûreté Publique Bruxelles, Zola, pas à Spa. Le cas échéant serez prévenu par dépêche télégraphique. Commissaire de police, Nemry. » (v. le document ci-dessous) La lettre n'est pas datée, mais, dans le Registre où elle figure sous le n° 92, elle est insérée entre une lettre du 20 et une autre du 23 juillet 1898. La police française et la police belge ont fait vite pour traquer le « malfaiteur ».

Emile Zola avait pris le chemin de l'Angleterre. Il ne rentrera en France que onze mois plus tard, le 5 juin 1899.

Entre-temps, le 11 octobre 1898, la Justice a ordonné la mise en vente des biens du domicile parisien de Zola, 21 bis rue de Bruxelles pour acquitter les 30.000 francs de dommages et intérêts. La séance des enchères sera brève. Premier objet présenté: la table (en faux) Louis XIII sur laquelle officie le commisseur-priseur (elle valait réellement 60 francs). Mise à prix: 120 francs. Un enchérisseur propose aussitôt 32.000 francs. Adjugé, évidemment ! L'enchérisseur est M. Fasquelle, l'éditeur d'Emile Zola... La vente est aussitôt clôturée.

 

ZOLA ET L'AFFAIRE DREYFUS

Une conférence télévisée de Henri Guillemin

A voir sur le site de la TSR

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Fonds Albin Body, Registre des correspondances du Commissaire de police, 1898, n° 92

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